Dimanche 30 octobre 2011 – 13h13 – Esplanade du Château de Vincennes
42,195 km :
3h40min50sec s'affiche définitivement sur le cadran de ma rcx5, après avoir franchi le
portique
d'arrivée au bout du tapis
bleu.
J'apprendrai mon classement deux jours plus tard sur le PC de l'hôtel : 423ème/1277.
Mon GPS a relevé 42,660 km, peu importe, avec tous ces arbres et ces passages sous les ponts, c'est normal qu'il y ait des dérives. Faisons confiance au mesurage de l'organisateur...
Heureux d'en avoir fini au terme d'un long sprint de 300m... En terminant en force...
Sans souffrance ! Là, est ma victoire, bien plus que le chrono.
Médaille au cou, je vais me rincer le gosier au ravito. Une boisson bleue P... au goût pas désagréable du tout. Efficace pour la récup' !
Cécile alias 'Black Phoenix' me rejoint, super enthousiaste et radieuse ! Il y a de quoi : deux heures plus tôt, elle a brillamment bouclé le semi en 1h36:55, emportant une belle coupe pour sa 3ème place en senior-dames. Je la félicite et la remercie pour son supporting bien sonore qui m'a boosté dans les 200 derniers mètres.
Nous retrouvons Jocelyne (my wife) à la tente de la Croix-Rouge. Par boutade, c'est là que le rendez-vous était fixé,
mes deux derniers marathons s'étant terminés par de sérieuses chutes de tension.
Pas de flash cette fois, je tiens parfaitement sur mes quilles, j'ai donné le maximum mais je n'ai pas dépassé mes limites.
Après quelques photos, nous quittons Cécile.
Il fait frais. Nous regagnons l'hôtel situé à un petit kilomètre de l'autre côté du château de Vincennes, que nous
visiterons l'après-midi après une bonne douche.
Les jambes sont raides, mais elles tiendront !
Encore dans ma bulle, je peine à extérioriser ma satisfaction. Les images de la course envahissent mes pensées qui
remontent dans le temps...
42ème km - 3h40:05 : En pleine accélération, j'entends les cris d'encouragement de Cécile. Elle immortalise l'instant. Un « avion » me dépasse... Qu'importe, j'en flingue
trois dans le même temps à mon rythme d'hélico.
La ritournelle de Murat cadence mon tempo :
C'est la fin, la fin du par-cours, du par-cours, du par-cours, c'est la fin du par-cours...
40ème km – 3h29:55 : j'absorbe le dernier gel, un red sprint avec l'eau qu'il me reste. Heureusement que j'avais gardé de l'eau, car l'habituel ravito des 40km semble supprimé
!
Ma ceinture est désormais bien légère. Tous les gels sont passés comme des lettres à la poste, comme l'ensemble des produits du pack marathon O. Une chance de n'avoir jamais de souçi de ce
côté.
Allez, un petit coup d'accélérateur ! Zut ! Un voyant rouge interne me signale un petit début de crampe dans le mollet
droit : tant pis, gardons le rythme prudemment jusqu'aux 400 derniers mètres pour le rush final.
Un léger faux plat, on s'accroche !
La dame accompagnée de son coach très bavard que j'avais rejoint au 31ème me repasse. Impossible de la suivre, elle
tourne à du 4'30 au moins... Quel retour ! Bravo M'dame !
36ème km – 3h08:30 : on quitte l'avenue de Gravelle qui rappelle les artères du Bois de La Cambre.
Voici le dernier ravitaillement. Je ne m'arrête pas, j'ai pris mon gel coup de fouet au 35ème et il me reste suffisamment d'eau.
Je plafonne à du 12 km/h... dans l'attente de l'effet coup de fouet, car je sens que ma foulée est moins fluide et que
je m'écrase sur mes appuis. Les muscles jambiers fonctionnent à plein régime. Les articulations grincent. Je les sens tous, ces rouages. Je me crispe...
Mentalement, je perds un peu pied.. J'aspire à ralentir pour souffler un peu.
Puiser dans des pensées positives, facile à dire... du genre réjouis-toi de ta chance de pouvoir courir ce marathon encore à une convenable allure à 53 balais... Songe comme tu as su gérer
patiemment tes blessures depuis 2 ans pour revenir sur la distance mythique... Cherche quelques musiques intérieures pour rythmer tes foulées...
Rien à faire : mon cerveau évacue rapidement ces images mentales et ne se focalise que sur mes sensations physiques : c'est duuuuur !
Restons zen ! Se vider la tête, contempler la beauté de la forêt, les encouragements des promeneurs...
Je rationnalise ma foulée au max, je tends vers l'épure.
Il faut que je respire, ce n'est pas rien de le dire...
Puis, le déclic, la délivrance survient : tous ces concurrents que je remonte inlassablement... Avant, c'était moi qui
me faisais doubler par des dizaines de coureurs dans les cinq derniers kilomètres....
C'est donc que je l'ai réussi ce marathon !!!
Yesss... sans butter contre le fameux mur comme ce fut le cas à Vannes et à Cheverny.
Relâche-toi ! Respire ! Le plus dur est fait.
32ème km – 2h46:50 : Hippodrome de Vincennes.
Dans un virage avant l'entrée de l'hippodrome, je retrouve Jocelyne, fidèle au poste, qui me tend la bouteille d'eau
comme prévu juste avant le départ. Bigre, ce n'est pas easy (sic) à tenir en main tout en courant... Toutefois, cette bouteille m'aura été bien utile par la suite.
Passage sous un tunnel et me voilà sur cette fameuse piste hippique pour une boucle de 1500m.
Si vous pensiez que j'allais y lâcher les chevaux, détrompez-vous mes p'tits éléphants. Je déchante moi-même.
Avec cette piste en cendrée noire d'où il émane une chaleur malsaine sous le soleil généreux de cette matinée, on se croirait sur le sol lunaire
! Sauf qu'on n'y fait pas de bonds.
Voir le long serpentin de coureurs perdus dans l'immense espace vide (spectateurs interdits d'entrée), balayé par un vent que l'on croyait endormi, ça attaque le moral.
Car tout le monde semble figé (en statues de selle, hum). C'est douloureux devant moi, les bourrins cavaleurs des premiers kms sont devenus des canassons... Ca pioche dans le dur... Ca morfle
sévère même !
Je m'accroche, à la cravache, je reprends petit-à-petit mon allure de croisière. Pas question de lâcher la bride ! Au trot, cavalier seul, je ramasse les morts, normal en ce week-end de
Toussaint, on achève bien les chevaux ...
Vivement la sortie au sommet d'un talus, où une armada de photographes shoote en rafales.
La bête a repris du poil !
De nouveau dans le bois que nous ne quitterons plus jusque l'arrivée, l'horizon se rétrécit en une allée agréable. Le
soleil se cache mais les feuilles enflamment les arbres.
29ème km – 2h29:48 : Joinville-le-Pont (retour).
On traverse la Marne en montant sur le pont pour rejoindre l'autre rive, descendre vers la berge, passer sous le pont, quitter la berge remonter sur l'autre versant du pont et retraverser celui-ci... Vous n'avez rien compris ? Normal, faut le faire pour capter.
Je garde mon tempo entre 5' et 5'10 au kil. Sur le pont, deux coureurs du Jaco Chimay me rattrapent. Quelques mots sympas échangés et je les laisse filer.
En attendant, cette succession de montées, descentes, relances en épingle à cheveux s'avèrent de véritables
casse-pattes... juste avant le 30ème km où les organisateurs nous offrent... un mur ! Une belle côte, pour rejoindre le ravito à son sommet.
Ce n'est pas une surprise : on le savait, que cela remonterait vers Vincennes, fallait gérer sa course en conséquence.
Malgré ces dernières difficultés je ne ressens aucune fatigue incommodante . Toutefois, je pressens qu'il me sera impossible de réaliser un franc negative split.
Je suis déjà tout heureux de maintenir un rythme encore proche du 12 km/h.
Je rejoins une dame véritablement harcelée de conseils par son coach qui l'accompagne depuis 31 kms... La pauvre ! Il
la laisse, enfin, en lui recommandant de prendre le sillage d'un concurrent. Je lui lance un « courage » de circonstance, ignorant si elle va s'accrocher.
Apparemment oui, car elle finira en boulet de canon, me dépassant à 1 km de l'arrivée.
21,1ème km – 1h50:11 :Les guinguettes du bord de Marne.
Sans avoir accéléré depuis quelques kms, j'ai lâché mes compagnons de route.
Les sensations étant excellentes, j'augmente légèrement la cadence pour naviguer (on est proche de l'eau) à du 5' au kil. Il s'agit de prendre un peu d'avance sur l'horaire, car la remontée vers
le bois de Vincennes s'annonce ardue.
Je n'ai pas l'impression de courir à un rythme si élevé, pourtant je ne cesse de dépasser des concurrents... Etonnant
! Sont-il si nombreux à être partis trop vite et à défaillir alors que le tracé est encore roulant ?
J'apprendrai plus tard en consultant le classement que j'ai gagné 227 places sur le second semi ! Manifestement, beaucoup de participants ont surestimé leurs capacités... Je ne leur jetterai pas
la première pierre, ayant commis la même erreur lors de mes deux derniers marathons.
Je mène mon train, serein. Au diable les questions ! Et profitons de l'agréable paysage. A cette heure, les
guinguettes « Chez Gégène », « le Petit Robinson » sont encore endormies sur le quai Polangis. Pas question de boire le petit vin blanc sous la tonnelle, je reste au gel et à
l'eau !
Bien aménagée, la petite route au bord de l'eau et à l'écart de la circulation est un bonheur de coureur à pied.
Des orchestres animent le parcours avec quelques notes d'accordéon.
Seule, une petite tension à la hanche droite perturbe quelque peu ma quiétude.
Mais le cuissard BV Booster (merci Forresgun & Runnernico) fait bien son travail et maintient les muscles bien en place. La gêne disparaît au fil des kilomètres.
15ème km – 1h17:19 – Quai d'Artois à Nogent-sur-Marne.
Après un petit écart, la route est revenue au plus près de la Marne qui s'écoule, paisible, dans un cadre
bucolique.
Ravito : à peine si je ralentis, un peu d'eau pour diluer le gel et c'est reparti...
Flap ! Flap ! Flap ! C'est pas vrai, le blaireau revient ! Je pensais l'avoir semé et il recolle... Déguisé avec une
sorte de pyjama de bébé, il fait un boucan incroyable en courant, ponctuant ses foulées d'une ventilation haletante et ses runnings tapant le sol avec fracas. Il me colle aux baskets depuis le
10ème km et je n'ai pas envie de modifier mon allure rien que pour ne plus le supporter... De toute façon, il n'ira pas bien loin avec cette dépense d'énergie.
Au 18ème km, je ne l'entendrai plus, R.I.P.
Nous traversons la Marne, petite montée d'un pont, et nous revenons vers Joinville sur les quais Ferber et ensuite Lucie, bordés de jolies villas.
Un autre coureur à la foulée fluide et silencieuse (aaah !) paraît avoir la même allure que moi puisque nous sommes pratiquement ensemble depuis une dizaine de kms. Nous nous détachons quelque peu d'un groupe mais il ne suivra pas ma petite accélération de la mi-course.
Dès ce moment, je cours en solitaire jusqu'à l'arrivée...
11ème km – 57'02 : Joinville-le-Pont (aller).
Peu après le 10ème km, franchi en 51'57, le parcours quitte le Bois de Vincennes et amorce une descente vers le pont de Joinville. L'ambiance devient urbaine, moins agréable, mais seulement pour quelques centaines de mètres, car nous rejoignons vite les berges de la Marne pour un aller-retour d'une vingtaine de kilomètres.
Après le bois, c'est un tout autre paysage, très plaisant, le long de cette splendide rivière tranquille aux reflets bleutés qui scintillent sous le soleil automnal.
C'est tout plat et ça roule ! Je me félicite d'avoir finalement opté pour les lunar elite 2 plutôt que les lunar glide. Elles sont plus légères, dynamiques et stables. Mes semelles orthopédiques, confortables, offrent un meilleur amorti que les semelles d'origine. Elles s'avèreront parfaites jusqu'au bout, tout comme les chaussettes falke ru4 qui, avec leur important % de coton (35%), m'éviteront toute ampoule. Le tartinage de crème nok sur la plante des pieds durant toute la semaine précédant l'épreuve sera aussi très efficace contre les échauffements.
En confiance optimale, je poursuis ma course allègrement !!!
5ème km – 25'44 : 1er ravitaillement dans le bois.
Stupeur et tremblements : il semble n'y avoir que deux bénévoles pour distribuer les gobelets d'eau ! Aucun gobelet
n'est préparé et il faut se servir soi-même avec des bouteilles d'1,5 L... S'il est vrai que le peloton de coureurs était plus important cette année avec l'adjonction d'un semi en même temps que
le marathon, portant le nombre de participants à 2.700, il est assez incroyable que l'organisateur n'ait pas prévu plus de bénévoles et de tables à ce premier poste où le parcours est encore
commun aux deux courses.
Carton jaune qui se muera en rouge, quand il s'avèrera qu'il y a eu pénurie d'eau sur les ravitaillements des 15, 20 et 25ème pour les marathoniens au-dessus de 4 h.
Heureusement que la température n'a pas dépassé les 20° et que les bénévoles des nombreux postes de la Croix-Rouge se sont mués en ravitailleurs.
Dommage, car en dehors de ce point, l'organisation était très bonne. J'espère que la gestion des ravitos sera revue pour les prochaines éditions, car le parcours le mérite.
Bon ! Revenons à la course, c'était un peu la cohue après le départ car l'avenue était étroite et encombrée de véhicules en stationnement. Sans doute, faudrait-il différencier les départs du marathon et du semi à l'avenir ?
Le tracé longe le bois un bon kilomètre avant d'y rentrer par de larges et longues avenues. Où la masse des runners se décante enfin.
Tout de suite, je trouve le bon tempo : entre 11,5 et 12 km/h. Si les pulsations aux entraînements à allure marathon me laissaient entrevoir la possibilité d'atteindre les 12,5 km/h, je m'étais
finalement convaincu que je n'avais pas le fond d'endurance nécessaire pour tenir cette vitesse moyenne tout un marathon. Après une moitié 2009 et toute l'année 2010 contrariées par des
blessures, 2011 fut une année de reprise prudente et avare en longues sorties. A peine 1.400 kms au compteur.
Trop peu même pour envisager un objectif 3h30 (5 min /km).
Par ailleurs, un article du dernier Zatopek m'avait rappelé toute l'importance de l'économie de course pour tenir le coup sur marathon. Instinctivement, j'ai cherché à adopter une foulée légère,
courte et efficace en rasant le sol.
Surtout, ne pas entamer les réserves d'énergie dès le départ, si précieuses à partir du 30ème km... on verra bien comment seront les sensations à la mi-course.
Photo Cécile Maka
En choisissant une allure intermédiaire, j'ai délibérément écarté l'option de suivre un meneur d'allure. Ceux de mes
derniers marathons ne m'avaient pas convaincu... Pourtant, les meneurs choisis pour cette course sont excellents et proviennent d'un club réputé : Endurance 72.
Je constatai après-course qu'ils logaient dans le même hôtel que nous !
Mais aujourd'hui, c'est moi qui mène mon allure.
Mini-perturbation lorsqu'un cameraman en moto me demande de modifier ma trajectoire pour lui permettre de se faufiler devant !!!
Après un retour à l'esplanade du Château où je cueille les encouragements de Jocelyne, le tracé repart vers le coeur
du bois, suit les rives du joli étang des Minimes.
Terriblement endommagé par la tempête de 1999, avec 70.000 arbres fauchés sur 190.000, Le bois n'a pas la majesté des hautes hêtraies de la Forêt de Soignes. Ces allées n'en sont pas moins très
agréables à parcourir... L'ambiance est plus celle d'une longue sortie du dimanche matin que d'une compétition !
Au 9ème km, les marathoniens et semi-marathoniens se séparent...
9h15 – Lieu du départ à l'Hôtel de Ville de Vincennes.
A une dizaine de minutes du coup de pistolet, la tension devient palpable... Je ne porte pas de cardio (jamais en compétition : valeurs faussées par l'adrénaline et ceinture émetteur gênante à la longue) mais je devine que les pulses grimpent.
La veille, le voyage en voiture sous le ciel gris, plus long que prévu à cause de deux bouchons, nous a fait rater le
rendez-vous avec Cécile au retrait du dossard.
Partie remise plus tard en début de soirée, lors de notre reconnaissance des abords de l'hôtel, le hasard a provoqué notre très sympathique rencontre !
L'hôtel tout proche du château et des lieux de départ/arrivée de la course, est parfait avec son confort complet et plaisant dans sa décoration
provençale.
Pratique aussi avec son parking privé. Naturellement, il est peuplé de coureurs, belges surtout.
A l'écart de l'agitation parisienne, Vincennes semble une petite ville provinciale bien agréable.
Pas de pasta-party, mais un excellent resto italien à 500 m de l'hôtel – vite complet - où j'avais heureusement
réservé une table trois semaines auparavant.
De toute façon, il y avait le choix dans une pléthore de restaurants, italiens ou autres, en cas de non-réservation. Test prévu pour... l'après-marathon !
Avec l'heure d'hiver nous octroyant une heure de sommeil supplémentaire, la nuit a été bonne.C'est donc tout-à-fait
frais et dispos que j'ai regagné l'aire de départ à pied, à moins d'un km de l'hôtel.
Le ciel est d'un bleu lumineux éclairé par un soleil en super forme ! Les conditions climatiques sont i-dé-a-les pour courir. Pas de vent et température moyenne oscillant entre 16 et 18
degrés. C'est byzance !
Face à l'hôtel de Ville, l'échauffement est mené par une animatrice dynamique dans une belle ambiance musicale. Elle
accomplira un joli marathon en 3h32 !
A l'entrée des sas de départ, je retrouve Cécile finissant sa ½ heure de footing. Je m'inquiète de son état, car elle a chuté durement quelques jours plus tôt. Mais les douleurs semblent moindres
et ne la gêneront pas au vu de sa performance finale.
On se souhaite bonne course avant de rejoindre nos boxes respectifs. Vert devant pour elle et bleu à l'arrière pour moi... Il n'y a pas de contrôle, mais jouons le jeu, sinon c'est
l'anarchie.
Partir devant, ce serait s'exposer au risque d'emballer le rythme.
La préparation de 10 semaines (inspirée d'un plan Jogging International) s'est déroulée sans grosses contrariétés.
Certes, des douleurs simultanées aux deux genoux ont semé le doute depuis la fin du mois de mai.
En cause, un trop grand appétit de randonnées lors des vacances. Le mal est venu en voulant profiter du beau temps pour faire une longue marche de 22 km, car on annonçait une dégradation
climatique. Sans préparation progressive, en moyenne montagne, avec des descentes raides, cela s'est payé cash.
Par après, tout l'été, le mal s'est manifesté dans chaque descente. Avec une difficulté permanente à plier les genoux.
Cela ne m'a pas empêché de participer au trail des Epioux de 25 km (Semois) et à la Descente de la Lesse... Toutefois, c'était limite ! Ce n'était heureusement qu'une surcharge.
Curieusement, cette gêne s'est progressivement estompée au fur et à mesure que ma préparation marathon s'intensifiait en volume. Pour disparaître complètement trois semaines avant le marathon
!
Il y a bien eu l'épisode de la piqûre du frelon à la cheville au 6ème km de la Descente de la Lesse. Ma préparation s'en est trouvée estropiée de 2 jours, mais cet incident fut bénéfique pour me rassurer quant à ma force mentale dans la gestion de la douleur en endurance.
En septembre, les deux semaines de vacances en Provence m'ont obligé à m'écarter du plan pour concilier les randonnées
(100 km) et les séances CàP (60 km).
Les longues sorties étant remplacées par des marches de 4 à 5 heures.
Dernier truc bizarre qui m'a bien fait gamberger : à la fin de ces vacances, je me suis retrouvé en « maillot à
pois rouges du meilleur grimpeur » du cou au bassin. Pas de démangeaisons, pas de fièvre... une dermatose spectaculaire qui a disparu après trois semaines (sans traitement).
Avantage : lors de mon passage aux douches communes après le semi de Bruxelles, je me suis vite retrouvé tout seul dans les lieux !
Bref, une bonne préparation où, à l'inverse des deux derniers marathons, je suis parvenu à résister à l'attaque
microbienne d'un rhume dans les dix jours avant la course (à coup de vitamine C et de vaporub ;o)).
Je peux partir en toute confiance. J'ai fait ce qu'il fallait : entraînement, diététique, hydratation... sauf les huit heures de sommeil que je n'ai pas assez respecté dans le dernier
mois... Dur de modifier ces habitudes quand on est oiseau de nuit... Le problème, c'est le réveil à 6 h du mat' pour le boulot ! Ferai mieux la prochaine fois...
Pour dissiper la tension pré-départ, je noue la conversation avec une représentante du Jaco de Chimay, en nombre lors de ce voyage-club. Elle terminera 3ème V2F en 3h36, alors qu'une sociétaire du même club se classera 1ère V2F trois minutes devant. Chapeau Mesdames !
Je me revois 30 ans plus tôt, presque jour pour jour, le 25 octobre 1981 au départ de mon premier marathon. A
Neuf-Brisach, près de Colmar en Alsace.
Avec mon sweat-shirt en coton, pas du tout technique, mon petit short de jogging et mes nike bleu roi et virgule jaune, pas encore Air. A mon poignet, une montre qui – révolution - affichait des
chiffres DIGITAUX !!!
Aujourd'hui, je suis équipé de matériaux techniques et textiles issus de l'aéronautique et de la recherche médicale...
et même d'un bracelet PB
Malgré tout cela, je sais que mon chrono de cette 1ère expérience (3h28:48) sera difficilement surpassable. La technologie n'efface pas l'âge...
9h32 : Bang ! Go ! C'est parti pour une nouvelle aventure...
Epilogue.
Le décrassage du lendemain fut costaud : cinq heures de marche dans Paris entre Ile de la Cité et Tour Eiffel ! Pas du tout recommandé, mais le temps exceptionnellement beau a balayé mes appréhensions.
Aujourd'hui, je suis toujours au repos. Mes ischio-jambiers m'ont rappelé que l'effort sur un marathon n'est pas
anecdotique...
Je suis prêt pour la reprise. Prêt pour l'accomplissement d'un rêve vieux de 30 ans : New-York 2012 !
MERCI tout particulier à Jocelyne (épouse compréhensive, bienveillante et masterchef en diététique), à Cécile (supporteresse enthousiaste), à mes compagnons d'entraînement Cinquantenaire : Olivier, Etienne, Yves, Cédric et Gilles. Et à toute la joyeuse communauté du forum de jogging.org !
Merci à toi aussi, lectrice, lecteur, d'avoir résisté jusqu'au bout de ce marathon-lecture